L'intention et les éléments de langages de la Communication NonViolente (CNV)

Comme nous l’avons vu dans un précédent article, la Communication NonViolente inventée par Marshall B. Rosenberg permet d’éviter les conflits qui seraient quasi inévitables en utilisant un processus de communication “classique”.

L'intention est un concept essentiel de la CNV et considère que cela influence non seulement ce que nous disons, mais aussi comment nos paroles sont perçues par les autres.

Dans cet article, nous explorerons le principe de l'intention en CNV et en quoi il influe sur les éléments de langage

Qu’est-ce que l’intention ?

L'intention en CNV se réfère à la motivation profonde qui guide nos paroles et nos actions.

Imaginons un événement qui vous a énervé. Instinctivement, vous pouvez avoir deux réactions face à celui-ci : chercher qui a tort ou raison, ou mutuellement s'écouter pour désenvenimer la situation.

Dans le premier cas, vous êtes dans une intention qui risque d’évoluer en querelle, en conflit. Souvent, les échanges sont rapides, formulée sous le coup des émotions, et tombe comme un couperet ; le ton peut se révéler vindicatif. L’absence de réflexion et de prise de recul conduit à une réaction spontanée et délétère.

Dans le second cas, vous êtes dans une intention bienveillante, conforme à la communication non violente : il n’y a ni bien ni mal, seulement une situation donnée perçue différemment par les personnes qu’il convient d’analyser posément. Le rythme du dialogue est plus lent, ce qui est propice à l'écoute, la compréhension mutuelle et à la prise de recul.

Le langage que nous utilisons peut être un miroir de notre intention.

En clair, si votre réaction consiste à imposer votre opinion, à culpabiliser l’autre, voire à manipuler votre interlocuteur ou votre partenaire, votre langage sera axé sur la violence et aboutira de façon quasi certaine à un conflit.

En revanche, si vous vous mettez en position de recherche de coopération grâce à une connexion de qualité, vous favoriserez la satisfaction des besoins de votre interlocuteur et de vos propres besoins en même temps. Le résultat devrait être une discussion d’égal à égal, sans tensions, sans jugements.

La CNV considère qu'il est préférable d’avoir une intention bienveillante avec un langage “violent” plutôt que de faire preuve d'une mauvaise intention avec des éléments de langage non violents.

Clarifier son intention

L'intention joue un rôle crucial en CNV. Elle guide nos paroles et nos actions, influençant ainsi la nature de notre communication.

La CNV nous invite à adopter une intention bienveillante afin de créer un langage bienveillant qui favorise l'empathie, l'expression ouverte des besoins et des sentiments, ainsi que la résolution pacifique des conflits.

En revanche, une intention mal orientée peut entraîner un langage violent caractérisé par des jugements, des critiques et des accusations.

Une des premières étapes conseillées par la CNV lors d'un échange est d'abord de clarifier son intention. Pour cela, vous pouvez répondre à ces questions :

  • Est-ce que je veux prouver que j'ai raison ?
  • Est-ce que je cherche à faire changer l'autre ?

Si vous ne répondez pas "non" à ces deux questions, la CNV vous conseille de reporter votre discussion et de continuer à travailler sur vous-même.

Comportements dits "violents" dans la communication non-violente

Voici la liste des éléments de langage considérés par la CNV comme violents ou faisant obstacle à la communication :

  • Jugement : insulte, reproche, dénigrement, comparaison, évaluation.
    Par exemple, "Tu es tellement égoïste !" est un commentaire accusatoire qui ne cherche ni à comprendre les sentiments ni à contribuer au bien-être de l'autre.
  • Jugement masqué (dirigé contre soi-même ou un tiers) : accusation, dénigrement.
    Par exemple, "Je me sens délaissé" pourrait être pris à tort pour un sentiment, alors qu'en CNV, elle est considérée comme un jugement masqué car elle accuse implicitement l'autre.
  • Blâme : Le blâme attribue la responsabilité des sentiments négatifs à l'autre personne.
    Par exemple, "C'est de ta faute si je me sens mal."
  • Exigence : consigne vindicative, ordre.
    Par exemple, "Implique-toi davantage dans les tâches ménagères."
  • Consolation, solutions, conseils, généralisations, moralisations : ces comportements empêchent une vraie écoute de l'autre.
    Par exemple, "Tu devrais faire ça." ou "Tu ne méritres pas ce qui t'arrive".
  • Pensée binaire : bien / mal, normal / anormal, bon / mauvais
    Par exemple, "Ce n'est pas normal de se comporter comme ça".
  • Refus de responsabilité : ne pas prendre la responsabilité de nos choix et de notre comportement.
    Par exemple, "Je dois faire...", "Je n'ai pas le choix, c'est comme ça".

Habituez-vous à arrêter, respirer et clarifier votre intention dès que vous entendez des mots ou des phrases tels que :

  • “je dois”, “il faut” ;
  • “c’est comme ça”, “tout le monde fait comme ça”, “ce sont les règles” ;
  • “je crois que”, “j’ai l’impression que” ;
  • “bien”, “mal”, “vrai”, “faux” ;
  • “mieux”, “meilleur”, “pire” ;
  • “ma/ta faute” ;
  • “toujours”, “jamais”, “souvent”.

Conclusion

Juger l’autre, le sermonner, lui donner des conseils dont il ne veut pas ou n’a pas besoin, c’est le premier pas vers un langage violent, source potentielle de conflits. Dans une démarche de Communication NonViolente, il convient donc d’éviter certains éléments de langage qui font souvent suite à des intentions non-bienveillantes, en exprimant ses besoins, ses sentiments.

Et rappelons que le langage utilisé est directement en lien avec votre intention au moment de l’échange. Abordez chaque échange comme un moment où vous ne cherchez pas à convaincre, mais à comprendre. Votre langage va alors naturellement évoluer de lui-même.

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